Le prix Sakharov, un des prix les plus prestigieux de l’Union Européenne

Publié le 3 janvier 2018

Sur le site du Parlement Européen, un portail est dédié au prix Sakharov. Il est géré par l’Human Rights Actions Unit. Pour répondre aux questions des globe-reporters, nous avons contacté le service presse du Prix Sakharov. C’est Stefan Krauss, Directeur Général des Affaires étrangères au sein du Parlement Européen, et membre de l’Human Rights Action Unit qui a répondu par mél aux élèves de l’école de la porte d’Ivry et du collège Camille Claudel à Paris.

Jeunesses

Le Prix Sakharov 2013 pour la liberté de l’esprit a été décerné à la militante pakistanaise pour l’éducation des filles, Malala Yousafzai, en quoi consiste ce prix exactement ? Est-ce comme le prix Nobel ? Est-ce qu’un groupe de travail du parlement européen a reçu Malala pour un échange et pour l’aider dans son combat ?

Le respect des droits de l’homme est l’une des valeurs fondamentales de l’Union européenne. Toute violation de ces droits met à mal les principes démocratiques sur lesquels est fondée notre société, qu’elle soit commise dans l’Union européenne ou en dehors de l’Union. Le Parlement européen lutte contre ces violations au travers d’initiatives législatives, y compris de l’observation des élections et des débats sur les droits de l’homme qui ont lieu chaque mois à Strasbourg, ainsi qu’en intégrant les droits de l’homme dans les accords de commerce extérieur.

Le Parlement européen soutient également les droits de l’homme en décernant chaque année le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, créé en 1988. Le prix est décerné à des personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde, et attire l’attention sur les violations des droits de l’homme tout en apportant un soutien aux lauréats ainsi qu’aux causes pour lesquelles ils se battent.

Le Prix Sakharov est la plus prestigieuse distinction accordée dans l’Union européenne à un défendeur des droits de l’homme. En ce sens, le Prix s’apparente un peu au Prix Nobel. Par ailleurs, Malala comme Nelson Mandela et Aung San Su Kyi ont été lauréats du Prix Nobel après avoir reçu le Prix Sakharov.

Malala Yousafzai, le jour de la remise du Prix Sakharov au Parlement Européen à Strasbourg en 2013.

Malala Yousafzai, en l’occurrence, a reçu le Prix Sakharov en 2013. Comme tous les lauréats avant et après elle, elle a été invitée à recevoir le Prix des mains du Président du Parlement européen dans une cérémonie solennelle à Strasbourg. Alors, pendant toute une semaine d’activités parlementaires autour du Prix, Malala a rencontré des parlementaires de tous les groupes politiques. Au-delà de la remise du Prix, le Parlement européen continue à travailler avec ses lauréats, les soutient dans leur combat et veille également à leur sécurité personnelle. Cette structure de coopération dont Malala fait partie s’appelle le "Réseau du Prix Sakharov". 

Le clip vidéo en anglais de Malala Yousafzai réalisé à l’occasion de son prix. 

D’autres militants et militantes de la cause des enfants à travers le monde sont-ils invités à Bruxelles ? Si oui, qui par exemple ? Pour quelle cause exactement ?

Des militants de la cause des enfants comme d’autres activistes de la société civile sont régulièrement présents au Parlement, que cela soit dans des auditions organisées par les commissions parlementaires ou pour d’autres événements ou conférences. Les sujets relatifs aux enfants traités au Parlement européen sont multiples, allant de la question du droit des enfants en général à des sujets bien plus spécifiques comme l’enlèvement international d’enfants, les abus sexuels ou le renforcement du droit des enfants dans la procédure pénal.

L’Europe finance-t- elle et/ ou encourage-t- elle des projets pour favoriser l’éducation des filles en Europe, dans le monde ? De quelle manière ?

L’éducation est avant tout un secteur qui rentre dans la compétence des État Membres de l’Union européenne. Chaque Etat veille à son système éducatif. Néanmoins, ces questions sont également soulevées au niveau européen. Voir par exemple le rapport du Parlement européen de 2015 sur l’émancipation des jeunes filles par l’éducation dans l’Union européenne. Voir aussi le communiqué de presse sur l’enseignement gratuit et égalitaire.

Sinon, l’Union européenne accorde une grande importance à l’éducation des filles dans son aide au développement de pays dans le monde. Vous pouvez explorer ces champs d’activité à partir du site du Parlement Européen.

Plus généralement comment l’égalité filles-garçons apparaît-elle dans les textes de loi de l’Europe ? Y a-t- il des articles de loi spécifiques sur cette question ?

 

Les traités sur lesquels l’Union européenne se fonde consacrent le principe de l’égalité tout comme la Charte des droits fondamentaux de l’UE.

Quels problèmes rencontrons-nous en Europe et notamment en France en matière d’éducation des filles ? Que faudrait-il modifier pour faire progresser les choses ? L’Europe propose-t- elle à ses pays membres des actions ou pistes concrètes ? Si oui comment ?

Pour ces questions, je vous conseillerais une recherche internet plus ciblée car je ne suis pas bien placé de vous donner une réponse exhaustive.

Pourquoi les ressortissants européen sont si peu au courant du travail des députés européens sur la politique éducative ?

Le problème que les citoyens européens se sentent mal informés de toute activité de l’UE voire des députés européens est bien connu. Par ailleurs, il ne se limite pas à l’UE ni au domaine de l’éducation. Peu de citoyens sont au courant de la politique éducative de leurs propres pays. Or, les Etats Membres, les institutions européennes et le Parlement font d’énormes efforts pour communiquer sur leurs activités. En réalité, toute cette information est abondamment disponible au grand public sur internet. Après, le défi pour chacun reste évidemment de s’y retrouver dans le trop-plein d’informations.

Sources photographiques

MALALA YOUSAFZAÏ a 15 ans lorsqu’elle est blessée au visage par des tirs de talibans dans la vallée de Swat, au Pakistan, en 2012. Ils voulaient l’empêcher, elle et d’autres jeunes filles, d’aller à l’école. Elle a survécu à ses graves blessures et a continué à se battre.  En 2013, Malala devient la plus jeune lauréate du prix Sakharov. Elle dédie alors sa distinction aux « héros pakistanais de l’ombre » et prononce un vibrant plaidoyer pour le droit de tous les enfants à l’éducation.
MALALA YOUSAFZAÏ a 15 ans lorsqu’elle est blessée au visage par des tirs de talibans dans la vallée de Swat, au Pakistan, en 2012. Ils voulaient l’empêcher, elle et d’autres jeunes filles, d’aller à l’école. Elle a survécu à ses graves blessures et a continué à se battre. En 2013, Malala devient la plus jeune lauréate du prix Sakharov. Elle dédie alors sa distinction aux « héros pakistanais de l’ombre » et prononce un vibrant plaidoyer pour le droit de tous les enfants à l’éducation.
MALALA YOUSAFZAÏ a 15 ans lorsqu’elle est blessée au visage par des tirs de talibans dans la vallée de Swat, au Pakistan, en 2012. Ils voulaient l’empêcher, elle et d’autres jeunes filles, d’aller à l’école. Elle a survécu à ses graves blessures et a continué à se battre.  En 2013, Malala devient la plus jeune lauréate du prix Sakharov. Elle dédie alors sa distinction aux « héros pakistanais de l’ombre » et prononce un vibrant plaidoyer pour le droit de tous les enfants à l’éducation.